Les autoroutes à péage d'ADM et le fonctionnement du péage
Les autoroutes marocaines — gérées par ADM — sont ce qui surprend le plus ceux qui découvrent le pays. Larges, bien revêtues, correctement signalées et patrouillées, elles n'ont rien à envier à celles du sud de l'Europe. Le réseau relie Tanger à Casablanca, Casablanca à Marrakech puis à Agadir, avec des antennes vers Rabat, Fès et Oujda. Le principe est simple.
On tire un ticket en papier à la machine en entrant, et on le rend en payant à la barrière de péage en sortant. Payez en espèces : beaucoup de cabines refusent encore les cartes étrangères, et les voies avec agent vont de toute façon plus vite. Gardez une réserve de pièces et de petites coupures dans le vide-poche de la portière pour ne pas fouiller votre portefeuille à la barrière.
Casablanca-Marrakech coûte environ 80 MAD et prend à peu près deux heures et demie ; Tanger-Casablanca et Marrakech-Agadir offrent la même sensation. Le péage est un excellent achat pour le temps, la sécurité et la tranquillité qu'il vous apporte.
Routes secondaires : bonnes, rapiécées, et partagées avec tout le monde
Hors autoroute, le tableau change. Les grandes routes nationales (les routes N) sont presque partout goudronnées et parfaitement praticables, mais la qualité passe du lisse au rapiécé en quelques kilomètres. Les routes régionales (numéros R et P) peuvent se réduire à une seule voie au bord tendre et friable. Vous les partagez avec tout le casting du Maroc rural : mobylettes à trois sans phares, charrettes à âne au pas, tracteurs, écoliers, et la chèvre qui a décidé que la ligne centrale était un bon endroit où se poster.
Doubler relève d'une négociation permanente. Lisez la route loin devant, et ne supposez jamais qu'un véhicule arrivant en face tiendra sa voie dans un virage sans visibilité. Rien de tout cela n'est dangereux à allure raisonnable : il suffit de patience et d'un pied qui quitte l'accélérateur tôt. Voyez ces routes comme l'option panoramique qu'elles sont, pas comme une course contre la montre.
Contrôles de gendarmerie : ayez vos papiers prêts
Vous franchirez des contrôles de gendarmerie, surtout aux abords des villes et aux carrefours en rase campagne. Pour un touriste dans une voiture de location, c'est presque toujours un non-événement. Ralentissez, soyez prêt à vous arrêter, et gardez vos documents à portée : permis, passeport ou copie, et le contrat de location dans la boîte à gants. Un permis de conduire international à côté de votre permis facilite nettement ces rencontres.
Les agents le reconnaissent aussitôt, ce qui évite tout échange autour d'un permis étranger inhabituel. Un salut calme en français ou en arabe aide ; un « bonjour » et un sourire font beaucoup. La plupart du temps, l'agent jette un œil à la voiture, voit un visiteur, et vous fait signe de passer sans rien demander. S'il vérifie les papiers, tendez-les sans histoire et vous repartez en moins d'une minute. Considérez ces contrôles comme un élément du paysage plutôt que comme quelque chose à redouter.
Limitations et radars : ralentissez avant chaque village
Le contrôle de la vitesse au Maroc est sérieux et constant. Les limites sont de 120 km/h sur l'autoroute, 100 sur route ouverte, et 40 à 60 km/h dès l'entrée d'une agglomération. C'est cette dernière qui piège les visiteurs. Les radars, fixes ou tenus à la main par des gendarmes, sont installés partout, et les petites localités les placent exactement là où la limite tombe.
La parade tient en une habitude. Lâchez l'accélérateur et freinez bien avant le panneau du village, pas en arrivant à sa hauteur, car la limite s'applique à partir de ce panneau. Les amendes se règlent en général sur place et en espèces — quelques centaines de dirhams pour un léger excès — et l'agent délivre habituellement un reçu. Discuter sert rarement, la courtoisie toujours.
Si vous tenez simplement les vitesses affichées et traitez chaque groupe de maisons comme une zone à 40 jusqu'à preuve du contraire, vous ne serez sans doute jamais arrêté pour excès de vitesse.
Stationnement, gardiens et la règle des médinas
En ville, vous croiserez le gardien de parking — un homme en gilet fluo bleu ou jaune qui vous guide vers une place et surveille la voiture. Payez-le : 5 à 10 MAD pour un stationnement de jour, jusqu'à 20 MAD la nuit. Ce n'est pas tant une taxe officielle qu'un petit pourboire raisonnable pour un veilleur informel, et une voiture surveillée garde ses rétroviseurs et ses enjoliveurs.
Donnez la pièce au retour, pas à l'arrivée. La règle plus importante, ce sont les médinas : on ne peut physiquement pas y entrer en voiture. Fès el-Bali, la médina de Marrakech et les remparts d'Essaouira forment un labyrinthe de ruelles piétonnes trop étroites pour une auto. On se gare donc à une porte ou dans un parking public hors les murs, et l'on entre à pied.
Les riads vous indiqueront le parking le plus proche et envoient souvent un porteur avec une charrette pour les bagages. Repérez le stationnement de votre hébergement avant d'arriver, plutôt que de tourner à la tombée du jour dans des sens uniques inconnus.
Le trafic urbain à Casablanca et Fès
La conduite en ville est la partie réellement fatigante. Casablanca est une métropole étalée, rapide et offensive. Les voies y sont indicatives, le klaxon sert de ponctuation et la moindre hésitation invite trois voitures dans le trou. Fès est plus resserrée et plus ancienne, son trafic de Ville Nouvelle convergeant vers une médina où l'on ne peut de toute façon pas entrer.
Rabat et Tanger se gèrent mieux. Agadir, reconstruite en damier après le séisme de 1960, est la grande ville la plus facile à conduire. Le conseil honnête est de réduire au minimum le temps passé au volant dans le pire de tout ça. Prenez ou rendez la voiture en périphérie plutôt qu'au centre, servez-vous-en pour sortir de la ville et explorer, et appuyez-vous sur les petits taxis ou les tramways de Casablanca et Rabat pour les traversées urbaines.
Affronter l'heure de pointe à Casablanca un guide sur les genoux ne rapporte aucun prix. Laissez plutôt la voiture donner sa pleine mesure sur la route ouverte.
Cols de montagne : Tizi n'Tichka et Tizi n'Test
Les hauts cols sont un sommet du voyage et exigent du respect. Le Tizi n'Tichka, l'axe principal de Marrakech vers Ouarzazate par le Haut Atlas, grimpe à 2 260 mètres sur un ruban ininterrompu d'épingles à cheveux. Élargi et refait ces dernières années, il est en bon état. Cela reste pourtant deux à trois heures de concentration totale : virages serrés, à-pics, camions lents à doubler, et des nuages qui peuvent vous plonger dans le brouillard sans prévenir.
Faites-le de jour, partez tôt, et ne laissez pas une échéance de coucher de soleil vous pousser à entamer la descente dans le noir. Le Tizi n'Test vers Taroudant est plus étroit, plus ancien et encore plus impressionnant — spectaculaire, mais réservé aux conducteurs sûrs d'eux et jamais de nuit. Emportez de l'eau, faites le plein avant de partir et vérifiez que les freins mordent.
Rangez-vous dans les aires pour laisser passer les locaux plus rapides et savourer des panoramas qui figurent vraiment parmi les plus belles routes du monde.
La conduite de nuit est le vrai risque
S'il fallait retenir un seul conseil de ce guide, le voici : ne roulez pas de nuit sur les routes rurales. Conduire de jour au Maroc ne pose pas de problème. Conduire de nuit sur des routes de campagne non éclairées, c'est là que loge le danger réel. Une fois le soleil couché, vous croisez des véhicules sans feux, des mobylettes sans catadioptres, des charrettes à âne qui surgissent du noir, des piétons qui marchent sur la chaussée et du bétail qui traverse là où aucune clôture n'arrête rien.
Les phares en face sont rarement abaissés. Les autoroutes, éclairées, sont bien plus sûres, mais les routes à deux voies entre les villes ne sont pas faites pour ça. Construisez votre itinéraire de façon à être garé à la tombée du jour, et si un trajet s'étire, arrêtez-vous pour la nuit dans la ville la plus proche plutôt que de forcer.
Pendant le Ramadan, un point précis s'ajoute. Une ruée de circulation survient dans la demi-heure avant l'iftar, au coucher du soleil, quand chacun se hâte de rentrer rompre le jeûne, alors levez le pied et laissez de la marge. La règle est simple : arrivez avant la nuit.
Assurance, carburant et la paperasse pratique
Avant de prendre les clés, comprenez la couverture. Les tarifs de location incluent en général une assurance au tiers de base et une garantie collision (CDW), mais avec une franchise. Cette franchise — la somme à votre charge après un accroc — peut atteindre plusieurs milliers de dirhams, bloquée en caution sur votre carte. Acceptez le rachat de franchise proposé au comptoir, ou souscrivez une assurance franchise indépendante avant de partir, bien moins chère.
Photographiez chaque rayure existante à la remise du véhicule. Le carburant ne manque pas. Les stations sont fréquentes sur les grands axes et toujours avec pompiste, donc vous annoncez le montant voulu, l'homme remplit, et un pourboire de quelques dirhams est d'usage. Sachez si votre voiture roule au diesel (gasoil) ou à l'essence — la plupart des locations sont en diesel — et comptez autour de 13 à 15 MAD le litre.
Un dernier point à vérifier : un aller simple avec restitution dans une autre ville entraîne des frais, parfois élevés. Intégrez-les si votre itinéraire ne revient pas à son point de départ.
Ronds-points, panneaux et là où la voiture paie vraiment
Deux dernières particularités. La priorité aux ronds-points peut être réellement ambiguë. Par endroits la circulation déjà engagée sur l'anneau est prioritaire, ailleurs c'est celle qui entre qui s'impose. La seule approche sûre est d'avancer lentement, de croiser le regard, et de tenir sa trajectoire sans brutaliser. La signalisation est bilingue français-arabe et le plus souvent claire sur les grands axes, mais les petits embranchements sont parfois mal indiqués.
Faites tourner Google Maps ou Maps.me (qui fonctionne hors ligne) en secours et fiez-vous-y plutôt qu'à un panneau délavé. Quant à savoir s'il faut conduire : la voiture s'impose pour le Haut Atlas, la route côtière atlantique, les gorges du Dadès et du Todra, et la longue échappée vers le Sahara à Merzouga ou Zagora. Ce sont des trajets où le voyage fait la moitié de l'intérêt et où les transports en commun sont lents ou inexistants.
Pour un séjour bâti autour d'une seule ville à médina, renoncez à la voiture et prenez transferts d'aéroport et taxis ; les soucis de stationnement et le trafic urbain n'en valent simplement pas la peine.
- Gardez une réserve de pièces et de petites coupures dans le vide-poche pour le péage — beaucoup de cabines refusent la carte étrangère.
- Lâchez l'accélérateur et freinez avant le panneau du village, pas à sa hauteur — la limite s'applique dès ce panneau, et le radar attend juste derrière.
- Emportez un permis de conduire international avec votre permis ; il est reconnu immédiatement aux contrôles.
- Payez le gardien au retour : 5 à 10 MAD en journée, jusqu'à 20 MAD la nuit.
- Ne pointez jamais une voiture vers une médina — garez-vous à une porte et marchez ; les riads indiquent le parking le plus proche.
- Roulez le Tizi n'Tichka et les autres cols de jour uniquement, et partez tôt pour devancer les nuages de l'après-midi.
- Soyez garé à la tombée du jour. Si un trajet déborde, arrêtez-vous dans la ville suivante plutôt que de rouler dans le noir.
- Souscrivez une assurance franchise indépendante avant de partir — bien moins chère que le rachat au comptoir, et elle couvre la caution bloquée.
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