Se déplacer au Maroc : trains, bus et taxis collectifs
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Se déplacer au Maroc : trains, bus et taxis collectifs

Le Maroc fait fonctionner trois systèmes de transport qui s'emboîtent, et tout l'art consiste à attribuer le bon à chaque trajet. Le train forme la colonne vertébrale le long de la côte peuplée et jusqu'à Marrakech. Les cars CTM et Supratours s'en détachent vers les endroits que le rail n'a jamais atteints, comme Essaouira ou Chefchaouen. Les grands taxis collectifs comblent les courts intervalles. Bien combinés, ils vous font traverser le pays confortablement, pour une fraction du coût d'une voiture de location et de son carburant. Le seul tronçon qui reste pénible, c'est le saut entre un aéroport et la gare la plus proche.

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L'essentiel en bref

  • Les trains ONCF sont l'épine dorsale du nord : fréquents, économiques et bien plus confortables que la route.
  • Al Boraq relie Tanger à Casablanca en environ 2h10, à partir de 150 MAD en seconde, via Kenitra et Rabat.
  • La première classe ne coûte que quelques dirhams de plus et réserve votre place — utile les jours chargés et autour des fêtes.
  • Les cars CTM et Supratours desservent tout ce que le train ignore : Essaouira, Chefchaouen, le grand sud.
  • Les grands taxis collectifs partent une fois les six places remplies, à prix fixe — Marrakech-Essaouira tourne autour de 70 à 90 MAD.
  • Seul l'aéroport de Casablanca a une gare sous le terminal ; presque partout ailleurs, le dernier kilomètre se fait en taxi ou en transfert.

L'ONCF : le rail qui tient tout l'ensemble

L'ONCF, la compagnie ferroviaire nationale, est la partie des transports marocains qui impressionne vraiment les voyageurs. Les trains sont propres, suivent un horaire imprimé et coûtent une fraction des tarifs européens. Casablanca-Rabat se fait en moins d'une heure pour environ 40 MAD. Casablanca-Marrakech prend trois heures pour 100 à 140 MAD selon la classe. Le réseau dessine un Y : un tronc chargé le long de l'Atlantique de Tanger à Casablanca via Kenitra et Rabat, un bras qui plonge vers l'intérieur jusqu'à Fès et Meknès, l'autre qui descend au sud vers Marrakech.

Sur les grands axes, les départs s'enchaînent à peu près toutes les heures dans la journée, si bien qu'on cale rarement sa journée sur un seul train. Ce que l'ONCF ne fait pas, c'est atteindre les stations balnéaires ni les montagnes. Aucune ligne ne dessert Essaouira, Chefchaouen, Agadir ni le désert — et c'est précisément là que les cars trouvent leur utilité.

Al Boraq : la première ligne à grande vitesse d'Afrique

Al Boraq a été inauguré en 2018, première ligne ferroviaire à grande vitesse du continent, et il a redessiné le nord. Le train avale Tanger-Casablanca en environ 2h10, avec arrêts à Kenitra et Rabat. L'ancienne ligne demandait près de cinq heures. Les tarifs en seconde démarrent autour de 150 MAD en réservant à l'avance, la première n'étant qu'un cran au-dessus.

Les rames atteignent 320 km/h sur la section dédiée entre Tanger et Kenitra, puis roulent sur voie classique modernisée jusqu'à Rabat et Casa-Voyageurs. Pour qui atterrit à Tanger ou fait la liaison Rabat-Tanger, ce qui était une demi-journée de calvaire devient une course d'une matinée. Réservez tôt : les places d'Al Boraq sont entièrement attribuées, et les tarifs les plus bas partent en premier le week-end et pendant les périodes de fêtes.

Les trains classiques : Casablanca, Rabat, Fès, Meknès, Marrakech

Hors du corridor à grande vitesse, les trains classiques de l'ONCF (sous la marque Al Atlas) assurent le travail quotidien. Ce sont eux que la plupart des voyageurs empruntent réellement. Casablanca et Rabat sont reliées par une navette quasi permanente. Fès et Meknès se trouvent sur le bras intérieur, à quelques heures de la côte, et Marrakech ancre l'extrémité sud.

Un trajet type comme Rabat-Fès prend environ trois heures pour 100 à 130 MAD. Les voitures sont soit à compartiments (six ou huit places face à face), soit en open space, toutes avec porte-bagages. Les trains se remplissent le vendredi après-midi, le dimanche soir et au début des vacances scolaires. Même si d'habitude vous improvisez, ce sont les jours où il faut réserver.

Vérifiez les horaires en temps réel sur l'appli ONCF plutôt que de vous fier à un imprimé — ils changent selon la saison.

Première ou seconde classe : laquelle prendre

Les deux classes sont plus proches que leurs noms ne le laissent croire, et le choix tient à une seule chose : la place garantie. La seconde est confortable et tout à fait correcte. Mais sur les trains classiques elle peut se vendre au-delà du nombre de sièges, de sorte qu'un vendredi bondé vous risquez de rester debout ou perché sur votre sac.

La première ne coûte qu'une poignée de dirhams de plus — souvent 30 à 50 MAD sur un long trajet. Chaque billet y correspond à une place réservée précise, dans une voiture plus calme et moins remplie. Sur Al Boraq, les deux classes sont entièrement attribuées, donc le surclassement n'y joue que sur l'espace pour les jambes et la tranquillité.

Voici la règle simple. Pour un court trajet en semaine, la seconde suffit. Un jour chargé, avec des bagages, ou sur plus de deux heures, payez le petit supplément de la première et voyagez assuré d'une place.

La réservation : l'appli et le site ONCF

L'ONCF vend ses billets de trois façons : aux guichets, aux automates et via l'appli et le site ONCF Voyages. Pour un visiteur, l'appli est de loin la plus simple. Elle affiche les départs en temps réel, permet de choisir classe et siège et accepte les cartes étrangères. Elle stocke ensuite le billet sous forme de QR code que vous présentez au portique du quai, ce qui vous évite la file du guichet.

Réservez les billets de train classique la veille pour les périodes chargées : ils sont souvent un peu moins chers qu'au guichet. Al Boraq se réserve le plus tôt possible, car les tarifs les plus bas sont contingentés et grimpent à mesure que le train se remplit. Si l'appli refuse votre carte (cela arrive), les guichets acceptent les espèces et la plupart des cartes étrangères. Le personnel des grandes gares parle généralement assez de français ou d'anglais pour vous dépanner.

Le train de l'aéroport de Casablanca — et pourquoi c'est l'exception

L'aéroport Mohammed V de Casablanca possède ce que presque aucun autre aéroport marocain n'a : une gare directement sous le terminal. La ligne aéroportuaire rejoint Casa-Voyageurs puis Casa-Port et le centre-ville pour environ 40 à 50 MAD, à peu près toutes les heures. Il faut quarante minutes jusqu'à Casa-Voyageurs. De là, vous enchaînez vers Rabat, Marrakech ou le nord par Al Boraq sans jamais toucher à un taxi.

C'est la liaison aéroportuaire la mieux intégrée du pays. Le hic, c'est que c'est l'exception. Les aéroports de Marrakech, Fès, Tanger et Agadir n'ont aucune liaison ferroviaire : y atterrir, c'est un petit taxi, un bus urbain ou un transfert réservé pour ce premier tronçon. Voyez le train de l'aéroport de Casa comme un bon bonus, pas comme la norme nationale.

CTM et Supratours : là où les cars prennent le relais

Pour tout ce que le rail manque, deux compagnies de cars sont le choix fiable : CTM, l'opérateur national historique, et Supratours, géré par l'ONCF pour alimenter son réseau de trains. Les deux roulent en cars modernes climatisés, avec places attribuées et horaires fixes. Un petit forfait s'applique par bagage en soute, en général 5 à 10 MAD, réglés au bagagiste qui étiquette votre valise.

Rien à voir avec les bus locaux sans marque qui rampent de ville en ville en s'arrêtant partout. Avec CTM ou Supratours, vous avez une place imprimée, un horaire à peu près tenu et une soute pour vos sacs. Supratours part souvent à côté de la gare ferroviaire et se vend via l'ONCF, ce qui rend faciles les trajets train + car.

CTM, lui, opère depuis ses propres terminaux. Pour chacune des destinations hors rail ci-dessous, ce sont ces cars qu'il faut chercher.

Tarifs réels des cars : Essaouira, Chefchaouen et le sud

Des chiffres concrets aident à repérer un prix juste. Marrakech-Essaouira en Supratours ou CTM, c'est environ 80 à 100 MAD pour près de trois heures, avec plusieurs départs par jour. C'est la façon classique de gagner la côte, puisque aucun train n'y va. Fès-Chefchaouen tourne autour de 90 à 120 MAD pour quatre heures environ à travers les contreforts du Rif, là encore en car uniquement.

De Marrakech vers les portes du désert — Ouarzazate, puis vers Merzouga et les dunes de l'Erg Chebbi — c'est un long trajet Supratours. Il est souvent réservé dans le cadre d'un circuit, mais disponible aussi en cars réguliers. Le grand sud et les dunes relèvent franchement du car (ou du 4x4 organisé) ; le rail s'arrête bien avant. Réservez la veille en ligne en haute saison et autour de l'Aïd. C'est là que les places s'évaporent et qu'on ne veut surtout pas attendre le départ suivant.

Les grands taxis collectifs : combler les vides

Entre des villes trop proches ou trop modestes pour un car, le grand taxi collectif prend le relais. Ce sont les vieilles Mercedes crème, et de plus en plus de Dacia Logan, qui partent de stations fixes organisées par destination. Vous achetez l'une des six places partagées (deux à l'avant, quatre à l'arrière), payez un prix fixe par place que les locaux paient aussi, et la voiture part dès qu'elle est pleine.

Marrakech-Essaouira coûte environ 70 à 90 MAD la place ; des sauts plus courts comme Tanger-Tétouan, 35 à 45 MAD. Pas de compteur ni de marchandage sur le tarif collectif standard — confirmez simplement le prix par place avant de monter. La contrepartie, c'est le confort. Six adultes dans une berline, c'est serré, et l'on attend que la voiture se remplisse, ce qui prend cinq minutes ou presque une heure sur une ligne calme. Pour une courte liaison que les cars ignorent, rien ne bat ce moyen côté fréquence et prix.

Tramways urbains et bus locaux

À l'intérieur des grandes villes, deux réseaux de tramway rendent la traversée facile. Casablanca et l'agglomération Rabat-Salé exploitent des lignes de tramway modernes, propres et fréquentes. Le tarif est unique, environ 6 à 8 MAD quelle que soit la distance, payé par carte rechargeable ou aux automates du quai. C'est la solution maligne pour les longues traversées embouteillées qui coûteraient bien plus cher en taxi.

Les bus urbains, c'est une autre histoire. Alsa exploite les réseaux de Marrakech et Rabat, vraiment bon marché (quelques dirhams), mais lents, bondés et malcommodes avec des bagages. La seule ligne de bus à connaître est le numéro 19 de Marrakech, une navette dédiée. Elle relie l'aéroport à Jemaa el-Fna et à Guéliz pour environ 30 MAD aller-retour — utile si vous voyagez léger, beaucoup moins avec une valise et une famille fatiguée.

Comment les pièces s'emboîtent — et les temps de trajet

Voyez cela comme un système : le train est la colonne vertébrale, les cars sont les branches, les grands taxis sont les rameaux. Un itinéraire classique les enchaîne sans accroc. Prenez Al Boraq de Tanger à Casablanca en environ deux heures, un train classique jusqu'à Marrakech en près de trois, puis un car Supratours jusqu'à Essaouira en trois de plus.

Voici quelques durées à retenir. Casablanca-Marrakech, environ 3h en train ; Casablanca-Fès, à peu près 3h15 ; Casablanca-Tanger, environ 2h en Al Boraq. Le maillon faible récurrent, à chaque fois, c'est le dernier kilomètre depuis l'aéroport, parce que les gares ne sont presque jamais au terminal. Intégrez ce saut comme une étape à part — un transfert ou un taxi — et le reste du pays s'ouvre à bas prix et de façon fiable.

Une note de calendrier : autour des fêtes nationales et de l'Aïd, trains et cars se remplissent des jours à l'avance, alors réservez tôt ou voyagez un jour avant ou après la cohue.

💡 À retenir sur le terrain
  • Téléchargez l'appli ONCF Voyages avant d'arriver — elle accepte les cartes étrangères et stocke les billets en QR code.
  • Réservez Al Boraq tôt ; les tarifs de seconde les moins chers sont contingentés et grimpent à mesure que le train se remplit.
  • La première coûte en général 30 à 50 MAD de plus sur un long trajet et garantit une place réservée — prenez-la les jours chargés.
  • Pour les villes hors rail (Essaouira, Chefchaouen), cherchez précisément CTM ou Supratours, pas les bus sans marque.
  • Confirmez le prix par place d'un grand taxi avant de monter — le tarif collectif est fixe, donc pas de marchandage.
  • Seul l'aéroport de Casablanca a un train dessous ; prévoyez un taxi ou un transfert pour le dernier kilomètre partout ailleurs.
  • Gardez des petites coupures — bagagistes des cars, automates de tram et chauffeurs préfèrent les billets de 20 et 50.
  • Autour de l'Aïd et des vacances scolaires, réservez trains et cars des jours à l'avance ; les places manquent vraiment.

Questions fréquentes

Le train ou le bus, lequel choisir au Maroc ?

Prenez le train entre les villes du nord — Tanger, Kenitra, Rabat, Casablanca, Fès, Meknès et jusqu'à Marrakech. Il est plus rapide, plus confortable et fréquent, Al Boraq en tête. Pour tout ce qui est hors carte ferroviaire, comme Essaouira, Chefchaouen, Agadir ou le grand sud, le car CTM ou Supratours s'impose. La plupart des trajets finissent par utiliser les deux.

Combien coûte le train Casablanca-Marrakech ?

Environ 100 à 140 MAD selon la classe, pour un trajet d'à peu près trois heures. La seconde convient un jour calme. La première n'ajoute que quelques dizaines de dirhams et garantit une place réservée. Cela vaut le coup le vendredi, le dimanche soir et les week-ends de fête, quand les trains classiques se remplissent.

Quelle est la vitesse d'Al Boraq de Tanger à Casablanca ?

Environ 2h10, avec arrêts à Kenitra et Rabat, contre près de cinq heures sur l'ancienne ligne. Les tarifs en seconde démarrent autour de 150 MAD en réservant à l'avance. Toutes les places sont attribuées, alors réservez tôt — les tarifs les plus bas sont contingentés et montent à mesure que le train se remplit, surtout le week-end.

Quelle différence entre CTM, Supratours et un grand taxi ?

CTM et Supratours sont de vrais cars longue distance avec places attribuées, climatisation et soute à bagages. Réservez-les pour les trajets d'une heure ou plus vers les villes hors rail. Un grand taxi collectif est une berline partagée qui quitte une station fixe une fois ses six places remplies, à prix fixe par place. Il convient aux sauts plus courts que les cars ignorent. Les cars pour la distance et le confort ; les grands taxis pour la fréquence et les vides.

Peut-on rejoindre l'aéroport en transport public ?

Facilement seulement à Casablanca, où un train part d'une gare sous le terminal vers Casa-Voyageurs et le centre pour environ 40 à 50 MAD. Marrakech, Fès, Tanger et Agadir n'ont pas de liaison ferroviaire. Marrakech a au moins le bus 19 vers le centre pour environ 30 MAD. Ailleurs, mieux vaut un petit taxi ou un transfert réservé, surtout avec des bagages ou un vol matinal.

Faut-il réserver les trains et bus marocains à l'avance ?

Pas vraiment pour un train classique en semaine — présentez-vous et achetez votre billet. Mais réservez toujours Al Boraq à l'avance pour le meilleur tarif. Prenez les cars CTM ou Supratours la veille sur les lignes prisées comme Marrakech-Essaouira ou Fès-Chefchaouen. Autour de l'Aïd et des vacances scolaires, réservez tout des jours à l'avance. Trains et cars affichent complet, et l'on peut rester bloqué à attendre le suivant.